#CHEF

Chef_2014

Parce qu’on peut faire un film léger et en faire quand même un bon film.

Okay, ça fait un petit moment que je n’ai pas écrit de critiques, et j’ai encore pas mal de critiques au four sur des films bien moins récents, mais après avoir lu une très mauvaise critique de CHEF, par Jon Favreau, je n’ai pu m’empêcher d’apporter ma propre pierre à l’édifice et de rendre à César ce qui appartient à César.

En bonne et incorrigible fan (comprenez fanatique hein, je plaisante pas avec ça) d’Iron Man 1 et 2, réalisés par Jon Favreau, je ne suis peut-être pas la personne la plus objective au monde. Je veux dire, je partais déjà avec un a-priori positif sur CHEF, tout en ayant parfaitement conscience que je n’allais pas voir quelque chose qui ressemblerait aux Iron Man, qu’on s’accorde bien sur la question.

Par ailleurs, en plus du cinéma et de l’écriture, il se trouve que la cuisine, et la gastronomie en général, fait partie de mes passions. Je peux passer sans rechigner et sans même m’en rendre compte plusieurs heures dans ma cuisine, et je crois que personne n’a jamais mangé de coquillettes-ketchup chez moi. Sauf une fois, au… Non ok, je me tais. Du coup bon, un film qui parle de bouffe, moi je trouve ça cool. Dans la série, j’ai aimé « Les Saveurs du Palais », ou « Les Recettes du Bonheur », ou encore « Le Chocolat » etc…

En plus, pour ne rien gâcher, CHEF m’annonçait au casting Scarlett Johansson (aka mon actrice préférée) et Robert Downey Junior (je pense que je n’ai pas besoin de préciser pourquoi j’aime RDJ, les précédents paragraphes parlent pour moi). Bref, que du bon, du prometteur, que des trucs que j’avais envie de voir.

Et j’y suis donc allée.

Et n’en déplaise à beaucoup, j’ai littéralement A-DO-RE Chef.

J’ai passé un moment formidable au cinéma devant ce film, qui pour moi, réunit tout ce que j’aime et tout ce que j’ai envie de voir quand je vais me distraire au cinéma. Et je parle bien de se distraire, pas de prendre la claque cinématographique ou visuelle ou artistique ou peu importe de l’année.

Chef, c’est quoi ?

C’est la parfaite alchimie entre l’émotion, portée par la situation familiale compliquée du héros, entre l’humour et la joie de vivre (food truck et franche marrade entre potes), avec de très très belles images de bouffe qui vous donnent vraiment très faim et de très jolies images de l’Amérique, peu nombreuses, certes, mais là quand même.

La force de ce film, et ce qui le rend peut-être justement déstabilisant pour certains, c’est la facilité avec laquelle Jon Favreau a mélangé les codes et les styles pour faire de son film un genre de métrage sur mesure pour lui. Pour moi, il a su habilement conjuguer les atouts dans sa manche en jouant sur un casting gonflé tout en faisant ce qu’il avait envie de faire. RDJ n’a qu’un rôle finalement mineur, plus un clin d’œil qu’autre chose, et Scarlett n’est là que pendant la première moitié de film. Ensuite, Jon Favreau a écrit une sorte de road-movie, ni drôle ni dramatique mais toujours à cheval entre les deux, le tout de façon plutôt légère et efficace.

Évidemment, on peut déplorer le côté « trop facile » ou « trop prévisible » des choses. Parce que évidemment que ça finit bien. Évidemment que comme par hasard tout s’arrange pour le héros du début à la fin. Évidemment que le monde est cool, beau et que son camion a du succès. En même temps, si t’as envie d’un bon gros drama bien original à faire pleurer sous les chaumières, bah fallait pas venir voir CHEF, à quoi tu t’attendais ?

Bon, question scénario et pour faire court, c’est bien simple. Carl Casper est cuistot. Plus exactement, Carl Casper est un cuistot de génie coincé dans un resto gastronomique qui pète plus haut que son cul et dont le patron refuse de sortir des sentiers battus concernant son menu. Résultat, Carl Casper s’emmerde comme un rat mort, forcé de cuisiner encore et encore les mêmes plats traditionnels et barbants. Là-dessus débarque un célèbre critique culinaire qui taille en pièce le restaurant et surtout, le Chef. La critique est relayée sur tous les réseaux sociaux. Aidé de son fils, Carl va créer son propre compte Twitter et défier ce magnat de la critique culinaire via le célèbre réseau social en lui proposant de revenir manger dans son resto. L’autre accepte, la toile s’enflamme, mais Casper se heurte à l’entêtement de son patron qui refuse de lui laisser carte blanche quand bien même l’autre se raboule. De rage, Casper embarque sa mallette de couteaux et se casse, et le critique se voit resservir la même merde que la dernière fois. Et là, Casper le prend entre quatre yeux avant de quitter le resto, pète un câble devant la salle comble et injurie copieusement ledit critique.

La vidéo se retrouve relayée sur tous les réseaux sociaux, créant une énorme vague de pub autour de Casper. Convaincu par son ex-femme et son fils, Casper plaque tout, se casse à Miami avec son ex-femme et son fils, et décide de lancer son propre foodtruck, ces camions ambulants qu’on voit proliférer également en France. Grâce à la pub qu’il s’est déjà fait sur les réseaux sociaux, son Twitter et Facebook décollent, et grâce à la gestion intelligente de son fils, le food truck devient vite célèbre. C’est parti pour un road-trip à travers l’Amérique, pour ramener ledit camion de Miami à la Californie, accompagné de son fiston et de son meilleur pote latino, Martin.

Là-dessus, rajoutez un fiston délaissé par son papa trop pris par le travail, qui se retrouvera à l’embarquer avec lui dans l’aventure. Laquelle aventure permettra au père et à son fils de renouer, et au père de transmettre sa passion à son fils.  Yeah.

Bon, ça casse pas trois pattes à un canard comme scénario, mais ça marche bien. Ça marche bien parce que c’est fait avec sincérité et avec plaisir et ça se sent dans la réalisation, et ça marche bien parce que c’est cohérent et surtout CRÉDIBLE.

Et par là, je veux pas dire que l’histoire l’est. Je veux dire que le scénario est écrit de manière suffisamment intelligente pour que tout ça ne paraisse pas énorme, ne paraisse pas faux ou sur arrangé. Les transitions sont intelligentes, les dénouements aussi, c’est ce qui fait que ça fonctionne. J’apprécie aussi énormément le sens du détail de Jon Favreau : il ne laisse rien au hasard, notamment dans son script. Les choses ne sont pas bancales.

Alors oui, c’est bourré de bons sentiments et tout finit bien (il ré-épouse même son ex-femme à la fin, si c’est pas beau la vie) et oui, c’est sûrement pas comme ça dans la vraie vie, mais de l’autre côté, il a fait attention à ce que l’univers de la cuisine et de la gastronomie soit bien retransmis (et je trouve que c’est le cas, que ce soit dans l’ambiance de la cuisine du resto ou du camion ou dans la scène où le Chef part avec ses couteaux, parce qu’un cuisinier possède ses propres couteaux, toujours, c’est la base, et c’est cool d’y avoir fait attention) ou parce qu’il y a toujours une explication glissée intelligemment de-ci de-là sur le comment du pourquoi. Les quelques images du road trip fonctionnent bien, il y a de très jolis plans et le montage général du film est intelligent, rythmé, moderne.

En plus, on exploite l’idée des nouvelles technologies, ce que Sex Tape avait récemment tenté de faire sans plus de succès. Personnellement, je trouve que CHEF a réussi à montrer le pouvoir des réseaux sociaux en termes de publicité et de stratégie marketing. Un buzz, puis un bad buzz, qui se transforme en success-story, c’est plus ou moins la base de notre société actuelle.

Même les personnages secondaires sont bien exploités, charismatiques sans être clichés (enfin, ça dépend desquels, mais globalement, les clichés sont plus rigolos qu’autre chose), et la musique est vraiment sympa, entre pop rock et rock 70’s punchy, un vrai bonheur.

Bref, pour moi, CHEF est un film qui fonctionne, est un film qui vaut le coup d’être vu. Un film qui donne la pêche et que je trouve extrêmement maîtrisé, qui frôle la facilité sans jamais vraiment y tomber. Après, on aime ou on aime pas, moi je pense que Jon Favreau a réalisé le film qu’il voulait réaliser et qu’il a réussi.

Attention tout de même, mangez avant, ce film donne FAIM.

 Amy


Chef, écrit et réalisé par Jon Favreau. Distribué par Sony Pictures.

Interprétation : Sofia Vergara, Jon Favreau, Robert Downey Junior, Scarlett Johanson, John Leguizamo, Dustin Hoffman…

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