Still the Water

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Still_the_Water

Metaphors for fucking.

Que répondre à un metteur en scène qui te présente son film en te disant que c’est son chef d’œuvre ? Que dire ? Souvent ce genre de propos n’est pas tant tenu par rapport à la qualité intrinsèque du film, mais parce que la production et/ou le processus créatif en soi ont été soit extrêmement agréables et cool et frais, soit incroyablement tortueux et longs et douloureux, et qu’on se dit qu’un truc ou l’on a soit passé un super moment soit versé tout son sang, sa sueur et autres fluides corporels ben merde ça doit forcément être ahurissant non ?

Nous voilà donc devant un film très très ennuyeux autant à en parler qu’à le voir, que sa réalisatrice a jugé bon de qualifier avant même la sortie comme sa meilleure création. Après avoir vu l’objet du délit et rien qu’en regardant les synopsis de ses autres films je sais déjà que ce n’est pas vrai, alors qu’est-ce qui a bien pu la pousser à dire ça ? Peut-être est-ce un sujet extrêmement personnel ? Un projet qui la tenait à cœur depuis longtemps, une histoire à laquelle elle se sent liée et qui la touche ?

Ce qu’on a au final, après nous avoir fait miroiter un bon moment une tangente prometteuse vers le thriller teinté de mystère (qui est l’homme tatoué mort échoué sur la plage ?) qui se retrouve soit dit en passant évacuée en cinq minutes vers la fin sans plus de cérémonie, c’est un film nous racontant de manière très très mollassonne l’amour (?) naissant entre un mec particulièrement con et une nana qui prend constamment les devants pour des raisons plus que floues…

Histoire d’être logiques on va dire les hormones, la seule autre explication étant que sa mère est prêtresse dans un temple et que du coup ben forcément elle a une autre vision de la vie et tout et tout. Mère atteinte d’un cancer en phase terminale, ce qui, entre parenthèses, n’a l’air de choquer ni d’émouvoir personne. On nous sert des dialogues à base de « mais oui mais elle va mourir mais en fait pas vraiment elle sera encore vivante dans nos cœurs tout va bien se passer » qui ne font que renforcer les soupçons vis-à-vis de la municipalité qui a encore fait des conneries en laissant Boris du service d’eau verser du valium dans le réseau d’eau potable de l’île mais vu que c’est le fils du maire on a décidé de pas en informer les concitoyens parce que bon les élections arrivent alors au pire ils seront plus détendus hein.

Personne n’est épargné, particulièrement les deux leads, le mec étant tellement geignard qu’on a envie de le baffer pendant tout le film et la nana étant tellement directe qu’on se dit qu’elle devrait aller voir ailleurs tellement l’autre il a pas l’air d’avoir envie. Pas beaucoup mieux du côté des parents soit dit en passant, avec l’exception possible du père de la fille qui pourrait presque être très cool si il ne prenait pas la mort imminente de sa femme avec autant de pseudo-philosophie rigolarde. Je demande pas les torrents de larmes d’un soap opera mais quand même un minimum syndical les gens, ho. (ah mais non c’est vrai chuis con, c’est encore Boris de la municipalité, sacré Boris).

Pour ce qui est du reste pas grand chose à signaler, si ce n’est que la réalisation est bonne mais gâchée par un défaut gênant et franchement voyant : tout le film semble filmé en caméra à l’épaule. Là encore une fois je demande pas que tous les plans soient faits à la louma ou encore (grands dieux) des travellings à la Michael Bay et des jump cuts toutes les trois secondes, mais quand il y a un plan fixe sur un visage et que le plan est sensé faire passer une émotion au spectateur il faudrait quand même éviter que la caméra soit tenue par un singe à trois têtes unijambiste bourré.

Tout ça pour dire que dans ce film c’était très difficile de se concentrer sur le film. Beaucoup de défauts et peu de qualités, à l’extrême limite de jolies images (gâchées qui plus est par une projection très sombre), mais c’est tout. Long et vain. Dommage.

Alex.


Still the Water (2つ目の窓), écrit et réalisé par Naomi Kawase, produit par Rémi Burah, Takehiko Aoki, Masamichi Sawada et Naomi Kawase.

Interprétation : Nijiro Murakami, Jun Yoshinaga, Tetta Sugimoto, Miyuki Matsuda, Makiko Watanabe, Jun Murakami, Hideo Sakaki, Fujio Tokita.

 

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