Sils Maria

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Sils Maria, c’est pas que c’était pas bien. Ça serait vraiment être de mauvaise foi que de dire que ce n’était bien. C’est pas trop mal tourné, c’est bien agencé, c’est surtout excessivement bien joué (eh oui, Kristen Stewart mue et se débarasse définitivement de sa peau d’héroïne de Twilight pour livrer ici une performance ambiguë et délicieuse, prouvant pour les sceptiques qu’elle est une réelle actrice ; et Juliette Binoche est superbe dans la retenue comme dans l’explosion de ses émotions.)

Cependant, le film ne tient pas ses promesses.

C’est l’histoire d’une actrice sur le retour embauchée pour rejouer, quelques 18 ans plus tard, la pièce qui l’avait révélée, mais cette fois-ci, dans le rôle opposé. La pièce, Le serpent de Maloja, raconte l’histoire d’une quarantenaire chef d’entreprise, Helena, qui tombe sous l’emprise amoureuse d’une jeune stagiaire, Sigrid. Le film, lui, démarre à la mort de l’auteur de la fameuse pièce, dont l’héroïne était très proche. Dévastée, en plein milieu d’un divorce, elle part s’isoler au fin fond de la Suisse, à Sils Maria, pour bosser son rôle en compagnie de son assistante, Valentine (Kristen Stewart, donc).

Le film s’enlise alors dans un parallélisme symbolique qui a du mal à s’affirmer, entre la réalité et la pièce de théâtre, nous faisant douter sur l’issue du film, nous laissant également toujours dans l’expectative et l’attente d’un rebondissement qui ne vient pas, à savoir la possible évolution de la relation entre l’actrice et son assistante, à l’instar de celle existant dans la pièce.

L’intervention de la fraîche Chloé Grace-Moretz (vue dans Kick Ass et plus récemment dans Si je reste) apporte une touche colorée à ce film qui n’a au final que peu de choses à raconter et qui peine à accrocher l’attention. Les émotions sont là, mais le déroulement, le propos du film n’arrive pas à s’affirmer et à se dégager une réelle intensité.

La disparition de Kristen Stewart, sans apparente raison, au deux-tiers du film, m’a laissée totalement perplexe, surtout pour enchaîner sur un troisième acte morne et presque prévisible.

Pourtant, dans la salle, j’ai passé un bon moment. La prestation des artistes, dans les deux premiers tiers du film surtout, m’a totalement bluffée et j’ai adoré découvrir Kristen Stewart. J’attendais beaucoup de ce qu’on m’avait vendu comme un « drame lesbien » et en fait bah, juste, non. Je crois que je suis tout simplement totalement passée à côté du message du film, que quelque chose m’a échappé. Je me dis que peut-être je ne suis pas assez « mature » pour comprendre tout ce que cherche à dire ce métrage. Ou alors, peut-être tout simplement que le réalisateur lui-même est totalement paumé dans son propre propos !

Bref, Sils Maria c’est chouette si vous aimez les huis clos capillotractés et les interprétations hors pair, par contre si vous êtes amateurs de scénarios, laissez-tomber. Dans tous les cas, ça restera une jolie performance qui manquait simplement de matière.

 Amy.


Sils Maria (Clouds of Sils Maria), écrit et réalisé par Olivier Assayas, avec Juliette Binoche, Kristen Stewart et Chloë Grace Moretz.
124min.

Sélection officielle du Festival de Cannes.

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