Nos Étoiles Contraires

Fault_in_our_stars

Poussière d’étoiles

« Nos étoiles contraires » est typiquement le genre de film que j’esquive. Sur le papier, tous les éléments sont réunis pour faire sonner dans ma tête tout un tas d’alarmes diverses et variées, et ce sans même connaître l’histoire (que je ne connaissais pas jusqu’à voir le film en soi).

D’abord ça commence direct quand je vois « adapté du bestseller mondial », ce qui n’est en général jamais une bonne chose surtout quand je n’ai jamais entendu parler du bouquin en question. On me fera savoir plus tard que je ne suis pas le public visé. Soit, mais c’est pas pour ça que ça me rassure. J’apprends vaguement que ça parle d’une histoire d’amour, sur l’affiche les deux leads se regardent langoureusement…

Hmm ça part mal cette histoire, d’autant plus qu’un rapide tour sur imdb me permet de voir que le réalisateur est un type dont c’est seulement le deuxième film, et que le premier s’appelle Stuck in Love. Malgré le casting solide du film susdit (Jennifer Connelly, Kristen Bell, Greg Kinnear, tout de même) je suis de moins en moins rassuré. Feeling qui continue de plus belle une fois arrivé dans la salle, ou je me rends compte que le ratio de la population locale est d’un mec pour une trentaine de nanas. On me dit que c’est normal. Ah, bon. Ça commence à sentir de plus en plus le pâté tout ça.

Alors pour les trois paumés dans le fond qui ne connaissent pas le pitch (dont je faisais partie avant de voir le film, vu qu’apparemment il parait que c’est connu, mais enfin bon il parait aussi que David Guetta vend des disques alors moi l’opinion publique hein), en gros c’est une histoire d’amour entre deux ados atteints du cancer. On est mis directement dans le bain dès la scène d’intro ou l’héroïne/narratrice du film nous présente un astucieux (quoique rebattu) montage présentant les deux acteurs principaux tels qu’ils sont (je suppose) au quotidien, beaux, impeccablement habillés et coiffés, maquillés comme dans une pub pour parfum, tout en nous disant que leur histoire aurait pu être une histoire d’amour normale comme celle que nous sommes en train de voir.

En fait ils seront tout aussi impeccablement beaux, maquillés, habillés et coiffés pendant tout le film mais bardés d’attraits extérieurs trahissant leur maladie : Hazel Grace Lancaster (jouée par Shailene Woodley) se trimballe ainsi un appareil respiratoire pendant tout le métrage, et Augustus Waters (interprété par Ansel Elgort, j’ai du aller regarder) finit en fauteuil roulant. On ne peut pas tout avoir, je suppose…

Le film s’arrête ainsi sur les péripéties de nos deux tourtereaux, sans grandes surprises toutefois et rien, hormis Willem Dafoe en écrivain reclus, antipathique, alcoolique et caractériel, ne vient briser une certaine monotonie dans les dialogues (très écrits, pas du tout naturels, mais en même temps est-ce la faute du scénariste ou du roman original ?) et une certaine rigidité des situations. Car malgré un script honnête, je n’ai jamais été véritablement absorbé dans le film. Pourtant ils tentent absolument tout, et le film est une gigantesque attaque sentimentale à main armée, millimétrée pour faire pleurnicher les salles toutes entières. Le problème c’est que c’est tellement gros que ça rend cet aspect du film très visible, et presque problématique par moments, tant on sent une volonté de tirer les larmes au spectateur plutôt que de faire progresser les personnages.

Malgré tout, le film se laisse voir. Il y a des problèmes bien sûr, au rayon des classiques, la réalisation est passe partout et sans saveur mais remplit plus ou moins bien son office, la musique est insipide au possible, mais tout ça ne parvient pas trop à entamer l’expérience du film.

Principalement en cause sont les acteurs, qui sont plutôt bons. Dans ce genre d’histoire ou tout repose sur le duo central, un mauvais choix d’acteur peut s’avérer catastrophique, par chance les deux acteurs principaux sont étonnamment bien choisis. Ansel Elgort, malgré une insolence assez insupportable au début du film, brille plus dans les moments plus calmes et plus intimistes que lorsqu’il essaie de faire des blagues, mais au fond sa performance est sympathique. Shailene Woodley cependant est ici excellente, et probablement l’actrice la plus douée de sa génération avec Jennifer Lawrence. Pour le coup, c’est agréable de la voir dans un film qui lui donne un minimum de substance, par rapport à Divergente ou elle jouait plus une Katniss du pauvre, mais ou le scénario était tellement raté qu’elle ne pouvait que se contenter de composer avec des répliques plates.

Ici, même si le personnage n’est pas d’une originalité folle, le rôle d’adolescente sarcastique et narquoise, rigolant presque au nez de la maladie, lui sied à merveille. Ce sont d’ailleurs les moments plus légers qui sont les plus réussis, et je serais vraiment intéressé de la voir dans une comédie…

Les seconds rôles quand à eux sont plus inégaux. J’ai mentionné plus haut Willem Dafoe, qui prend ici un plaisir sadique à jouer un écrivain misanthrope et joyeusement détestable, et c’est tout simplement délectable. Le seul autre rôle qui vaut la peine est celui de la mère d’Hazel Grace, interprétée par Laura Dern. C’est toujours un plaisir de voir Laura Dern au cinéma, et elle est ici égale à elle même, amenant son jeu inimitable à un personnage franchement sympa, s’octroyant quelques beaux moments, avec en tête une conversation entre elle et Augustus pleine de sous entendus et très très drôle, ne serais-ce que par sa gestuelle et ses expressions.

Au final donc, malgré quelques gros défauts, le film est plutôt bon. On pourrait épiloguer pendant des heures sur le fait que oui, effectivement, tout ceci est très artificiel et très attendu, le film ne fait rien de particulièrement intéressant ou révolutionnaire, mais dans la catégorie « adaptations de romans orientés jeunes adultes », il y a tellement plus nul que par comparaison ces étoiles contraires sont au final assez inoffensives (en tout cas certainement moins nocives qu’un Twilight par exemple), et pour peu qu’on leur accorde le bénéfice du doute, permettent de passer un moment agréable à défaut d’être très mémorable.

Alex.

 

__

Le grain de sel d’Amy

Bien qu’objectivement je me dois d’agréer avec les propos de mon cher confrère, je me permets quand même d’ajouter mon propre avis.

Certes, parfois les dialogues manquent de naturel, mais ils restent poétiques et bien écrits (en tout cas en VO) et je pense que cela est du à la volonté du scénariste de conserver le style littéraire du bouquin de base. Bon, effectivement, ce n’est pas toujours judicieux, mais c’est justifié, et puis ce côté très littéraire des dialogues donne un aspect un peu théâtral qui convient bien à ce film.

Ensuite, si Al est un bloc de marbre, les plus sensibles d’entre nous et globablement 90% des nanas foutant les pieds dans cette salle de ciné sortiront en sanglotant misérablement… sans trop savoir pourquoi.

Je veux dire, c’est triste, évidemment. Mais, soyez honnête, à quoi vous vous attendiez ? Le film commence par vous dire que la nana est atteinte d’un cancer en phase terminale, y’a aucun moyen, de base, pour que l’ensemble finisse bien ! Les sanglots étaient limite programmés depuis le début, que dis-je, dès la bande annonce.  Pourtant, et comme l’a justement souligné Al, c’est vrai que le film fait tout pour faire chialer. La musique, les dialogues, la maladie, les personnages principaux qui sont quand même vachement attachants et charismatiques etc… Et sur les gens normaux ça marche. Toute la salle pleurait quand nous y sommes allé. Moi, j’ai pleuré. Parce que même si j’avais deviné la fin autour de la vingtième minute du film, il n’empêche que j’ai réussi à me faire embarquer dedans, je me suis surprise à rire et à pleurer avec ces deux héros pas gâtés par la vie.

Certes, ce n’est pas le chef d’oeuvre de l’année. Mais on soulignera un chouette casting avec l’apparition remarquée de Willem Dafoe, dont pour moi la principale révélation est le jeune Ansel Elgort. On l’avait vu aux côtés de Shailene dans Divergente et honnêtement, à part sa bonne gueule, il ne m’avait pas interpellée plus que ça, contrairement à Shailene chez qui on avait deviné un potentiel évident que Nos Etoiles Contraires a confirmé. En revanche, la découverte d’Ansel est d’autant plus bluffante. Il est excessivement charismatique et crédible à l’écran et sa bonne bouille le rend tout de suite attachant. Pour moi, il est un acteur à surveiller, car je pense que, plus encore que Shailene, il détient vraiment le potentiel pour faire quelque chose de très bien quand on lui proposera des films peut-être moins grand public que Divergente ou NEC.

Pour conclure, allez-le voir si vous ne craignez pas de pleurer, ça reste un bon moment à passer au cinéma, une histoire attachante malgré tout et si la réalisation est sans surprise, comme le scénario, l’énergie positive latente dans laquelle baigne néanmoins ce film vaut le détour.

Amy.


The Fault in Our Stars (Nos étoiles contraires) : réalisé par Josh Boone, produit par Wyck Godfrey et Marty Bowen, scénario de Scott Neustadter et Michael H. Weber d’après un roman de John Green.

Interprétation : Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff, Laura Dern, Willem Dafoe, Sam Trammell…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s